Le Président Olusegun Obasanjo et l'UNESCO
 
Obasanjo et Matsuura
   

Lorsque le Président Obasanjo a reçu le nouveau Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura à Paris en 2000 durant sa visite officielle en France, l'interaction entre le Nigeria et l'UNESCO était suffisamment poussée pour qu'il soit possible au Président et au Directeur général de signer un aide-mémoire.

Dans celui-ci, le Président Obasanjo et le Directeur général Matsuura exprimaient leur volonté continue de "redynamiser la coopération entre le Nigeria et l'UNESCO".

Le Président Obasanjo rappelait que le Nigeria avait fait de l'éducation, "en particulier l'éducation de base universelle, une priorité nationale essentielle et attirait l'attention sur l'importance de la réforme de l'éducation en cours". Le Directeur général exprimait son appréciation devant les efforts consentis par le Nigeria sur ce plan. Il assurait le Président de son entière détermination à faire en sorte que l'UNESCO soutienne le Nigeria dans cette entreprise cruciale.

Les autres questions soulevées dans l'aide-mémoire concernaient la contribution de l'UNESCO à l'analyse de la politique de l'éducation et aux avis relatifs à cette politique. Pour ce qui est du Plan spécial de coopération entre le Nigeria et l'UNESCO, en dehors de l'éducation, un accent particulier était aussi mis sur la coopération dans les domaines de la science et de la recherche fondamentales, du développement de l'énergie solaire, du patrimoine culturel, des activités interculturelles et du développement des média.

Le Président Obasanjo et M. Matsuura reaffirmaient que le Nigeria et l'UNESCO s'efforceraient de maintenir et de renforcer cette coopération accrue dans le cadre de tous les domaines de compétence de l'Organisation. Le Directeur général reconfirmait aussi que l'UNESCO était prête à mettre son savoir-faire à la disposition du Nigeria en tant que de besoin aux fins des négociations avec les sources de financement multilatérales et bilatérales.

M. Matsuura a eu depuis de nouveaux échanges de vues avec le Président Obasanjo et les ministères compétents à Abuja en avril 2000, durant sa visite au Nigeria à l'invitation du gouvernement nigérian, et à l'occasion de la réunion internationale sur l'éradication de la malaria. Il s'est également entretenu avec le Président Obasanjo en septembre 2000 à New York à l'occasion de la Table ronde sur le dialogue entre les civilisations.

Le Nigeria a pu apprécier le dévouement de M. Matsuura à la coopération internationale et en particulier sa volonté résolue de porter la relation entre l'UNESCO et le Nigeria à un niveau encore plus haut par des plans, des propositions et des programmes imaginatifs et bien conçus.

Des liens plus solides

L'occasion de mettre à l'épreuve la signification du tournant en faveur du Nigeria à!'UNESCO est venue à la 30ème session de l'organe suprême de l'Organisation, la Conférence générale, en octobre/novembre 1999. Le Nigeria a été présent et actif à tous les niveaux de la Conférence. A l'issue de ses débats, la Conférence a adopté la résolution 30 C/56 relative au "Renforcement de la coopération entre l'UNESCO et la République fédérale du Nigeria" qui demandait au Directeur général de "prendre toutes les mesures appropriées pour accroître la coopération avec le Nigeria dans le cadre de la mise en œuvre du Programme et budget approuvé par la Conférence générale à sa 30e session et par la mobilisation de ressources extrabudgétaires" .

A la même session de la Conférence générale, le Nigeria a été élu au Conseil exécutif et àplusieurs autres comités intergouvernementaux de l'Organisation.
Avec l'impulsion nouvelle donnée par le Président Obasanjo et une nouvelle équipe dirigeante au Ministère fédéral de l'éducation pour s'occuper du programme de coopération qui se faisait jour et garantir une contribution de qualité du Nigeria aux travaux de l'Organisation, le Nigeria était vraiment de retour à l'UNESCO.

Dans le droit fil de cette logique de renouveau, un nouvel ambassadeur et délégué per- .
manent a aussi été nommé auprès de l'UNESCO en janvier 2000 : le professeur M. A. Omolewa, qui était jusqu'alors professeur d'éducation des adultes à l'Université d'Ibadan et président de la section éducation de. la Commission nationale nigériane pour l'UNESCO.

Le professeur Omolewa a aussi été nommé représentant du Nigeria au Conseil exécutif. Le Nigeria s'est ainsi de nouveau attaché à participer de manière responsable et active aux travaux de l'UNESCO, en tant que membre du Conseil exécutif, en tant que membre de divers comités intergouvernementaux de l'UNESCO, et à travers sa délégation permanente.

Le retour du Nigeria au Conseil exécutif l'a placé en première ligne des activités de l'UNESCO et il n'a pas perdu de temps à se donner un rôle résolu et calmement responsable dans les travaux du Conseil. Cette politique de présence visible, positive, productive et responsable actuellement mise en pratique au Conseil exécutif guide aussi le comportement du Nigeria au sein de tous les autres organes auxquels il a été élu. Cela est important non seulement pour nous acquitter de notre mandat qui est de servir les intérêts du Nigeria, mais surtout parce que le Nigeria occupe tous ces sièges dans tous ces organes en tant que représentant du continent auquel nous appartenons - l'Afrique.

Associé à l'action de l'UNESCO depuis son élection, le Président Obasanjo ne s'y est nullement limité à poursuivre les seuls intérêts du Nigeria Il a continué à s'intéresser aux grandes questions auxquelles est confrontée l'humanité et aux efforts que doit déployer la communauté internationale pour y faire face. C'est dans ce contexte qu'il a participé aux travaux du Forum mondial sur !'éducation qui s'est tenu à Dakar en avril 2000.

A cette occasion, intervenant sur le thème "L'éducation pour l'Afrique au 21ème siècle", le Président Obasanjo a appelé l'attention de la réunion mondiale sur !'importance de l'éducation comme instrument décisif du changement. Il a réclamé une action d'urgence pour enrayer le déficit de développement qui pesait sur la plupart des pays du tiers monde et plaidé pour l'annulation de la dette qui empêche ces pays, en particulier en Afrique, de trouver les ressources nécessaires pour leurs programmes d'éducation. le Président Obasanjo n'a pas hésité à réitérer son argumentation en faveur de "la remise de toutes les dettes africaines".

"Le village mondial du siècle qui commence ne peut se permettre d'avoir à sa périphérie des ghettos appauvris", a insisté le Président Obasanjo. Il a souligné les énormes défis du nouveau siècle et invoqué l'esprit de solidarité internationale en concluant que "la communauté internationale devra aider les pays les plus pauvres d'Afrique à relever ces défis de façon que l'Afrique puisse, dès le début de ce siècle, élever son niveau d'éducation pour s'intégrer au grand mouvement mondial du siècle. L'esprit de solidarité internationale n'exige rien de moins. Et ce n'est qu'alors que la mondialisation pourra commencer à avoir un sens et une utilité pour l'Afrique".

Sous la direction du Président Obasanjo, et eu égard à la visibilité accrue des activités qui lient le Nigeria à l'UNESCO dans le cadre des programmes et des projets mis au point au bénéfice du pays, le Nigeria et les Nigérians ont des attentes concernant les fruits de cette coopération.
L'UNESCO considère l'éducation comme indispensable à une plus large diffusion de la culture, de la paix et de la justice, de la liberté et de la dignité humaine, et c'est pourquoi elle la favorise et l'utilise comme moyen de réaliser la paix et l'unité mondiales. Cela concorde parfaitement avec l'idée que se fait l'actuelle administration nigériane de l'importance et de la signification de l'éducation, ainsi qu'avec les programmes que mène l'administration pour atteindre ses objectifs éducatifs nationaux.

Sous l'administration du Président Obasanjo, le Nigeria a lancé son Programme d'éducation de base universelle. L'UNESCO, l'UNICEF la Banque mondiale et d'autres institutions internationales sont à la tête de la croisade visant à réaliser l'Education pour tous d'ici à 2015. Eu égard au rôle vital que l'UNESCO n'a cessé de jouer dans le domaine de !'éducation au long des années, nous continuerons, au Nigeria, à beaucoup attendre de la volonté constante de l'Organisation de contribuer à élever le niveau d'alphabétisation des citoyens, à développer l'éducation de base et à renforcer les capacités, ainsi qu'à promouvoir les partenariats et à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux des adolescents, des jeunes et des adultes. Nous comptons aussi sur l'engagement de l'UNESCO et ses contributions pour développer les capacités des formateurs, des instructeurs et autres personnels clés de l'éducation.

Dialogue entre les nations

Il serait erroné de donner l'impression que les préoccupations et l'implication personnelles du Président Obasanjo dans les activités de l'UNESCO se limitent au domaine de !'éducation. Il est certain que l'éducation constitue pour lui une préoccupation majeure et revêt une grande importance dans le programme de son administration pour le développement général du Nigeria, mais elle n'est en aucune manière le seul domaine auquel il s'intéresse et apporte sa participation et sa contribution personnelles.

En septembre 2000, l'UNESCO et son Directeur général ont organisé à New York, dans le cadre des programmes culturels de l'UNESCO, une table ronde présidentielle sur le dialogue entre les civilisations. Le Président Obasanjo a été au premier rang des présidents et chefs d'Etat qui ont accepté l'invitation de l'UNESCO et pris part aux débats de cette table ronde. L'occasion lui a ainsi été donnée de poursuivre, entre autres thèmes, son plaidoyer en faveur de l'Afrique et en particulier du sort des nations africaines dans l'ordre international existant.

Il n'est donc pas surprenant que le Directeur Général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matuura, ait décidé d'inviter le Président Olusegun Obasanjo à l'ouverture de la 31 e Session de la Conférence Générale.Le Président Obasanjo a, dans son message, mis en lumière les préoccupations du Nigeria, de l'Afrique et des pays en développement en général. Il a égaIement défini ce que l'on attendait de !'UNESCO et lance un appel à tous pour qu'ils apportent leur plein soutien à l'UNESCO.

Dividendes

Il est incontestable que du fait du leadership exercé par Obasanjo en faveur de la coopération avec l'UNESCO, le Nigeria a acquis une plus grande visibilité à l'Organisation. Cela est clairement apparu lors de la 30ème session de la Conférence générale en 1999, avec l'élection du Nigeria aux organes intergouvernementaux suivants de l'Organisation :

. le Conseil exécutif
. le Conseil du Bureau international d'éducation (BlE)
. le Conseil intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication (PlOC)
. le Comité intergouvernemental du Programme international d'informatique (PII)
. le Conseil international de coordination du Programme sur l'homme et la biosphère (MAB)
. le Conseil intergouvernemental du . Programme hydrologique international (PHI)
. la Commission océanographique intergouvernementale (COI) : 4e vice-président
. le Comité des pensions du personnel de l'UNESCO