A l'époque,
le gouvernement d'Obasanjo a accordé des subventions
aux gouvernements des Etats pour la construction de salles
de classe et pour rémunérer les enseignants
et il a ainsi encouragé les gouvernements des Etats
à entreprendre une expansion majeure des établissements
d'enseignement primaire. En conséquence, les effectifs
des écoles primaires de la nation ont doublé
durant cette période, passant d'environ 6 millions
d'élèves en 1976 à 12 millions en
1980, soit un accroissement de 100% du taux de scolarisation,
progressant de 46 à 86%. L'explosion consécutive
de la population scolaire s'est accompagnée d'une
énorme activité de formation et de déploiement
des enseignants vers les écoles.
L'introduction de l'enseignement primaire universel a
mis en évidence l'engagement du Président
en faveur de l'éducation et sa vision selon laquelle
pour réformer l'éducation, le mieux était
de commencer à la base du système.
Malgré
les succès remportés alors, les gouvernements
qui se sont ensuite succédés ont cessé
d'accorder à l'éducation l'attention qu'elle
méritait. Le système s'est donc détérioré
et a fini par s'effondrer. Ces quinze années de
déshérence ont été caractérisées
par l'insuffisance des ressources, la multiplication des
grèves et la dégradation des installations
et structures existantes.
Ayant une
vision claire de l'éducation, le Président
Obasanjo savait, et reste tout à fait conscient,
que l'éducation de base est une condition sinequanone
du développement national, indispensable pour interagir
dans cette nouvelle ère de la révolution
de la technologie et de l'information. Il savait qu'à
un certain stade de sa vie, une nation doit réorganiser
son système éducatif en vue de le normaliser
dans l'intérêt du développement d'ensemble
de la nation.
Obasanjo
concevait aussi l'éducation comme un moyen de promouvoir
l'égalité, la justice sociale, l'Etat de
droit et la stabilité politique. Il s'est donc
employé à agir dans ce sens en manifestant
son engagement en faveur de la démocratie et en
donnant des moyens d'agir à l'ensemble de la population
par une élection démocratique.
Contre tous les conseils et avis prodigués par
diverses sources internes et externes et une très
forte opposition intérieure, Obasanjo a volontairement
remis le pouvoir à un gouvernement démocratiquement
élu en 1979. Cet acte remarquable a montré
ses convictions démocratiques, sa croyance en l'Etat
de droit et le fait que ses paroles l'engageaient.
Après
avoir remis le pouvoir à un gouvernement civil
élu, Obasanjo s'est rapidement lancé sur
la scène internationale, partageant ses réflexions
avec d'autres dirigeants mondiaux sur des questions comme
la crise de la dette, l'inégalité sociale,
l'environnement, la transparence et l'obligation des gouvernants
de rendre des comptes.
Il faut
noter que même lorsqu'il n'était plus au
pouvoir, il a continué de se focaliser sur les
objectifs de son pays, le Nigeria, ainsi que sur ceux
de l'ensemble du continent africain. Plusieurs ateliers,
conférences, voyages d'étude, dialogues
organisés et débats informels d'un haut
niveau intellectuel ont clairement montré que Obasanjo
était extrêmement désireux de trouver
des réponses aux nombreux problèmes épineux
auxquels étaient confrontés son pays, le
continent africain et l'ensemble du monde.
Un dénominateur
commun de toutes ces activités a été
la passion d'Obasanjo concernant l'éducation. Pour
lui, l'éducation a de multiples facettes, de l'éducation
générale informelle et formelle à
la formation technique et de l'éducation fondée
sur les objectifs à la formation au leadership.
En effet, le Président Obasanjo s'est rendu compte
qu'on manquait généralement d'un leadership
de qualité et que beaucoup des problèmes
de l'Afrique étaient dus à des décisions
erronées ou à l'incapacité à
prendre des décisions.
Persuadé
par conséquent que les causes humaines dépendent
du leadership et de la vision, il a convaincu d'autres
dirigeants africains de jouer un rôle clé
dans la redéfinition de l'avenir du continent et
de ses peuples.
Une première
étape fondamentale vers la promotion de la formation
au leadership et l'établissement de programmes
bien définis de développement du leadership
a été la création par Obasanjo de
"l' African Leadership Forum" (ALF),
au conseil exécutif duquel il a réussi à
attirer des dirigeants mondiaux, des intellectuels internationaux
et des technocrates éminents et respectés.
L'ALF a
produit plusieurs publications et organisé plusieurs
colloques intellectuellement stimulants où l'on
débat des questions relatives au développement
de l'Afrique ainsi que des tendances mondiales, et il
est devenu un membre respecté de la communauté
des ONG internationales.
Il a formé
des dirigeants politiques, des économistes, des
enseignants et des chercheurs et a coopéré
avec d'autres institutions internationales pour forger
des partenariats et renforcer les capacités des
peuples à travers le monde. Parmi ces institutions
figurent l'UNESCO, le PNUD, l'UNICEF et de nombreuses
fondations.
L'ALF a
non seulement attiré l'attention du monde sur les
problèmes de l'Afrique, mais il a aussi contribué
à faire comprendre ces problèmes.
Ranimant la flamme de son engagement en faveur du développement
de l'ensemble du secteur de l'éducation, à
peine quatre mois après son retour au pouvoir et
se souvenant de l'exemple historique de personnalités
internationales comme le Général Charles
de Gaulle, Obasanjo décidait de reprendre la tâche
qu'il avait commencée.
Non seulement
il relançait l'enseignement primaire universel
au Nigeria, mais il l'élargissait en adoptant la
notion d'éducation de base universelle.
En raison de l'ampleur des dégâts causés
par la négligence au long des années, l'éducation
de base universelle est devenue avant tout un programme
d'intervention, maintenant élargi des six premières
années de scolarisation aux neuf premières
années. Autrement dit, chaque enfant peut maintenant
bénéficier de l'éducation gratuite
et obligatoire jusqu'au premier cycle du secondaire.
L'éducation
de base universelle comprend l'alphabétisation
et la formation aux compétences nécessaires
dans la vie courante pour les jeunes et les adultes et
l'intégration de la science et de la technologie
ainsi que des programmes socialement utiles d'enseignement
technique et professionnel.
Le gouvernement
s'efforce en conséquence de faire en sorte que
l'éducation réponde aux besoins de la société
en synchronisant les éléments clés
de l'apprentissage en vue du savoir, de l'apprentissage
à faire et de l'apprentissage en vue de se mettre
à niveau et de s'épanouir. Par son engagement,
le gouvernement du Président Obasanjo a obtenu
l'appui de tous les Nigérians, d'où la devise
de l'éducation de base universelle "L'éducation
pour tous est la responsabilité de tous".
Le Président
Obasanjo, aidé avec compétence par un ministre
de l'éducation résolu et visionnaire, le
Professeur Babaola Borishade, introduit et met en œuvre
des réformes majeures du système d'éducation
du Nigeria. Les réformes, s'étendant à
tout le système éducatif, comprennent le
programme d'apprentissage ouvert et à distance
qui, le Président en est convaincu, doit être
mis en place dans l'esprit de l'éducation pour
tous. En dehors de l'Université ouverte et de l'établissement
polytechnique ouvert, le programme s'occupera de ceux
qui ne sont pas dans le système d'éducation
formelle mais ont besoin d'une formation professionnelle
axée sur les compétences.
On met
également en place le Projet de bibliothèque
virtuelle du Nigeria qui vise à constituer un réseau
numérisé de toutes les bibliothèques
des établissements d'enseignement supérieur
ainsi qu'à en assurer la connexion avec d'autres
grandes bibliothèques d'Europe. L'UNESCO coopère
activement avec le Nigeria à la réalisation
de cet important projet.
Des bourses
sont à nouveau accordées pour inciter les
étudiants à perfectionner leurs connaissances.
Un plan de gestion du fonds de bourses a été
mis au point et commencera à être mis en
œuvre au cours de l'année universitaire. Toutes
les sources de renforcement des capacités dans
le domaine de l'éducation sont explorées
et les autorités universitaires sont aussi encouragées
à mettre à profit les programmes existants
de bourses et d'échanges. Le gouvernement entend
aussi encourager la création de centres d'excellence
dans les universités ayant des compétences
particulières, en tant que moyen d'articuler les
activités d'étude et de recherche avec les
demandes des industries.
Le Président
Obasanjo est d'une façon générale
pressé d'améliorer la qualité de
l'apprentissage à tous les niveaux du système
de services éducatifs. S'il n'y avait pas eu cette
régression dont a souffert l'éducation après
le lancement de son programme initial d'enseignement primaire
universel, Obasanjo et son équipe pourraient aujourd'hui
faire de l'enseignement universitaire leur éducation
de base. Toutefois, il ne fait aucun doute maintenant
que si l'esprit des réformes en cours est ce qui
nous anime, la réalisation de cet objectif est
peut-être beaucoup plus proche qu'elle l'a jamais
été.