Le Président Olusegun Obasanjo et l'UNESCO
 
L'engagement d'Obasanjo en faveur de l'éducation
   

En septembre 1976, le Chef Olusegun Obasanjo, Président et Commandant en Chef des Forces armées de la République fédérale du Nigeria, a mené les toutes premières réformes majeures du système de services éducatifs de la nation. Le Président, alors chef d'Etat militaire, a introduit l'Enseignement primaire universel au Nigeria, le rendant gratuit et obligatoire pour tous.

A l'époque, le gouvernement d'Obasanjo a accordé des subventions aux gouvernements des Etats pour la construction de salles de classe et pour rémunérer les enseignants et il a ainsi encouragé les gouvernements des Etats à entreprendre une expansion majeure des établissements d'enseignement primaire. En conséquence, les effectifs des écoles primaires de la nation ont doublé durant cette période, passant d'environ 6 millions d'élèves en 1976 à 12 millions en 1980, soit un accroissement de 100% du taux de scolarisation, progressant de 46 à 86%. L'explosion consécutive de la population scolaire s'est accompagnée d'une énorme activité de formation et de déploiement des enseignants vers les écoles.
L'introduction de l'enseignement primaire universel a mis en évidence l'engagement du Président en faveur de l'éducation et sa vision selon laquelle pour réformer l'éducation, le mieux était de commencer à la base du système.

Malgré les succès remportés alors, les gouvernements qui se sont ensuite succédés ont cessé d'accorder à l'éducation l'attention qu'elle méritait. Le système s'est donc détérioré et a fini par s'effondrer. Ces quinze années de déshérence ont été caractérisées par l'insuffisance des ressources, la multiplication des grèves et la dégradation des installations et structures existantes.

Ayant une vision claire de l'éducation, le Président Obasanjo savait, et reste tout à fait conscient, que l'éducation de base est une condition sinequanone du développement national, indispensable pour interagir dans cette nouvelle ère de la révolution de la technologie et de l'information. Il savait qu'à un certain stade de sa vie, une nation doit réorganiser son système éducatif en vue de le normaliser dans l'intérêt du développement d'ensemble de la nation.

Obasanjo concevait aussi l'éducation comme un moyen de promouvoir l'égalité, la justice sociale, l'Etat de droit et la stabilité politique. Il s'est donc employé à agir dans ce sens en manifestant son engagement en faveur de la démocratie et en donnant des moyens d'agir à l'ensemble de la population par une élection démocratique.
Contre tous les conseils et avis prodigués par diverses sources internes et externes et une très forte opposition intérieure, Obasanjo a volontairement remis le pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu en 1979. Cet acte remarquable a montré ses convictions démocratiques, sa croyance en l'Etat de droit et le fait que ses paroles l'engageaient.

Après avoir remis le pouvoir à un gouvernement civil élu, Obasanjo s'est rapidement lancé sur la scène internationale, partageant ses réflexions avec d'autres dirigeants mondiaux sur des questions comme la crise de la dette, l'inégalité sociale, l'environnement, la transparence et l'obligation des gouvernants de rendre des comptes.

Il faut noter que même lorsqu'il n'était plus au pouvoir, il a continué de se focaliser sur les objectifs de son pays, le Nigeria, ainsi que sur ceux de l'ensemble du continent africain. Plusieurs ateliers, conférences, voyages d'étude, dialogues organisés et débats informels d'un haut niveau intellectuel ont clairement montré que Obasanjo était extrêmement désireux de trouver des réponses aux nombreux problèmes épineux auxquels étaient confrontés son pays, le continent africain et l'ensemble du monde.

Un dénominateur commun de toutes ces activités a été la passion d'Obasanjo concernant l'éducation. Pour lui, l'éducation a de multiples facettes, de l'éducation générale informelle et formelle à la formation technique et de l'éducation fondée sur les objectifs à la formation au leadership. En effet, le Président Obasanjo s'est rendu compte qu'on manquait généralement d'un leadership de qualité et que beaucoup des problèmes de l'Afrique étaient dus à des décisions erronées ou à l'incapacité à prendre des décisions.

Persuadé par conséquent que les causes humaines dépendent du leadership et de la vision, il a convaincu d'autres dirigeants africains de jouer un rôle clé dans la redéfinition de l'avenir du continent et de ses peuples.

Une première étape fondamentale vers la promotion de la formation au leadership et l'établissement de programmes bien définis de développement du leadership a été la création par Obasanjo de "l' African Leadership Forum" (ALF), au conseil exécutif duquel il a réussi à attirer des dirigeants mondiaux, des intellectuels internationaux et des technocrates éminents et respectés.

L'ALF a produit plusieurs publications et organisé plusieurs colloques intellectuellement stimulants où l'on débat des questions relatives au développement de l'Afrique ainsi que des tendances mondiales, et il est devenu un membre respecté de la communauté des ONG internationales.

Il a formé des dirigeants politiques, des économistes, des enseignants et des chercheurs et a coopéré avec d'autres institutions internationales pour forger des partenariats et renforcer les capacités des peuples à travers le monde. Parmi ces institutions figurent l'UNESCO, le PNUD, l'UNICEF et de nombreuses fondations.

L'ALF a non seulement attiré l'attention du monde sur les problèmes de l'Afrique, mais il a aussi contribué à faire comprendre ces problèmes.
Ranimant la flamme de son engagement en faveur du développement de l'ensemble du secteur de l'éducation, à peine quatre mois après son retour au pouvoir et se souvenant de l'exemple historique de personnalités internationales comme le Général Charles de Gaulle, Obasanjo décidait de reprendre la tâche qu'il avait commencée.

Non seulement il relançait l'enseignement primaire universel au Nigeria, mais il l'élargissait en adoptant la notion d'éducation de base universelle.
En raison de l'ampleur des dégâts causés par la négligence au long des années, l'éducation de base universelle est devenue avant tout un programme d'intervention, maintenant élargi des six premières années de scolarisation aux neuf premières années. Autrement dit, chaque enfant peut maintenant bénéficier de l'éducation gratuite et obligatoire jusqu'au premier cycle du secondaire.

L'éducation de base universelle comprend l'alphabétisation et la formation aux compétences nécessaires dans la vie courante pour les jeunes et les adultes et l'intégration de la science et de la technologie ainsi que des programmes socialement utiles d'enseignement technique et professionnel.

Le gouvernement s'efforce en conséquence de faire en sorte que l'éducation réponde aux besoins de la société en synchronisant les éléments clés de l'apprentissage en vue du savoir, de l'apprentissage à faire et de l'apprentissage en vue de se mettre à niveau et de s'épanouir. Par son engagement, le gouvernement du Président Obasanjo a obtenu l'appui de tous les Nigérians, d'où la devise de l'éducation de base universelle "L'éducation pour tous est la responsabilité de tous".

Le Président Obasanjo, aidé avec compétence par un ministre de l'éducation résolu et visionnaire, le Professeur Babaola Borishade, introduit et met en œuvre des réformes majeures du système d'éducation du Nigeria. Les réformes, s'étendant à tout le système éducatif, comprennent le programme d'apprentissage ouvert et à distance qui, le Président en est convaincu, doit être mis en place dans l'esprit de l'éducation pour tous. En dehors de l'Université ouverte et de l'établissement polytechnique ouvert, le programme s'occupera de ceux qui ne sont pas dans le système d'éducation formelle mais ont besoin d'une formation professionnelle axée sur les compétences.

On met également en place le Projet de bibliothèque virtuelle du Nigeria qui vise à constituer un réseau numérisé de toutes les bibliothèques des établissements d'enseignement supérieur ainsi qu'à en assurer la connexion avec d'autres grandes bibliothèques d'Europe. L'UNESCO coopère activement avec le Nigeria à la réalisation de cet important projet.

Des bourses sont à nouveau accordées pour inciter les étudiants à perfectionner leurs connaissances. Un plan de gestion du fonds de bourses a été mis au point et commencera à être mis en œuvre au cours de l'année universitaire. Toutes les sources de renforcement des capacités dans le domaine de l'éducation sont explorées et les autorités universitaires sont aussi encouragées à mettre à profit les programmes existants de bourses et d'échanges. Le gouvernement entend aussi encourager la création de centres d'excellence dans les universités ayant des compétences particulières, en tant que moyen d'articuler les activités d'étude et de recherche avec les demandes des industries.

Le Président Obasanjo est d'une façon générale pressé d'améliorer la qualité de l'apprentissage à tous les niveaux du système de services éducatifs. S'il n'y avait pas eu cette régression dont a souffert l'éducation après le lancement de son programme initial d'enseignement primaire universel, Obasanjo et son équipe pourraient aujourd'hui faire de l'enseignement universitaire leur éducation de base. Toutefois, il ne fait aucun doute maintenant que si l'esprit des réformes en cours est ce qui nous anime, la réalisation de cet objectif est peut-être beaucoup plus proche qu'elle l'a jamais été.