Je
me réjouis d'assister ici aujourd'hui à
!'ouverture de la 31ème session de la Conférence
générale de l'UNESCO et vous transmets les
meilleurs vœux du Gouvernement du Nigeria et du peuple
nigérian tout entier. Je souhaite à mon
excellent ami et homologue, Monsieur Chirac, Président
de la République Française, que je remercie
en tant qu'ami et compagnon, chaleureusement la bienvenue
à cette très importante réunion internationale.
Permettez-moi
de vous faire part de l'immense joie que j'éprouve
d'être de retour à l'UNESCO, organisation
à la mission et aux principes de laquelle je suis
de longue date associé et dévoué.
Dès 1976, j'ai, en qualité de chef d'Etat,
travaillé en étroite coopération
avec l'UNESCO afin de développer l'enseignement
primaire universel au Nigeria. J'ai également eu
l'honneur de siéger dans le jury de certains prix
éminents de l'UNESCO. Depuis la transition du Nigeria
vers la gouvernance démocratique, notre administration
coopère fructueusement avec l'UNESCO dans de nombreux
domaines. J'aimerais rendre hommage à Monsieur
Matsuura, directeur général de l'Organisation,
pour ces réalisations.
Madame
la Présidente, l'on ne saurait exagérer
l'importance et la compétence de !'UNESCO dans
des domaines vitaux, qui préoccupent non seulement
le Nigeria mais d'autres pays en développement
et, à vrai dire, le monde entier.
En ma qualité
de Président actuel du Sommet du Sud (depuis le
Sommet du Groupe des 77, à La Havane J'année
dernière), j'aimerais souligner la confiance et
le crédit que les pays en développement
accordent à l'UNESCO ainsi que les espoirs qu'ils
mettent en elle.
Terreur et cruauté font coïncider la présente
réunion avec un moment critique de l'évolution
et de la politique mondiale. Les événements,
abominables de haine, qui ont frappé les Etats-Unis
d'Amérique le 11 septembre, ont stupéfié
le monde et limité beaucoup d'activités
internationales. La présente session de la Conférerence
générale offre donc une forte opportune
tribune de réflexion sur les répercussions
d'une dimension entièrement nouvelle, du terrorisme
et sur ce qui menace une paix mondiale fondée sur
des valeurs et des conventions mondialement partagées
et sur la sécurité collective. Il est urgent
de repenser et de renforcer le système mondial
de relations et de coopération si l'on veut que
les institutions du système des Nations Unies comme
l'UNESCO se montrent à la hauteur de leurs potentialités
et des espérances qu'elles suscitent. Réexaminons
et réaffirmons au cours de cette conférence
l'avenir de la coopération internationale qui,
rappelons-le, est l'un des principaux objectifs que proclame
l'Acte constitutif de l'UNESCO.
Bien que
l'Afrique soit la région la plus vulnérable
du monde, je tiens à souligner que tous les pays
doivent contribuer à chercher des réponses
et à modeler la nouvelle structure du système
international qui va se dégager. Nous constatons
que les objectifs de l'UNESCO coïncident brusquement
avec certaines préoccupations politiques de la
plus haute importance à l'échelle mondiale.
Nous sommes donc dans l'obligation de fournir à
l'Organisation l'inspiration et les ressources dont elle
a besoin pour contribuer à sonder les consciences
et à passer à l'action au niveau mondial
après les récents événements,
ainsi que pour s'acquitter des nouveaux rôles susceptibles
de lui être confiés ou de ceux qui lui incombent
déjà et qui pourraient être renforcés.
Cela implique de nouveaux efforts pour cibler et préciser
encore ses
actions - et de les entreprendre de plus en plus souvent
de concert avec d'autres éléments compétents
de la communauté internationale - afin d'en accroître
l'efficacité. Il s'agit d'un défi pour tous
les Etats membres de l'Organisation qui, après
tout, constituent l'UNESCO. Assurons la cohérence
entre la vision, la mission, les politiques, les stratégies,
les programmes et les activités de l'Organisation
et donnons-lui également les moyens et le soutien
nécessaires à leur mise en oeuvre. Le moment
semble bien choisi pour réaffirmer solennellement
notre engagement envers les nobles objectifs que proclame
!'Acte constitutif de !'UNESCO en exprimant clairement
notre ferme résolution de continuer de progresser
dans la voie de la paix, du développement, de la
tolérance et du dialogue par le biais de la coopération
internationale. En d'autres termes, nous devons renforcer
l'UNESCO en vue des contributions futures qu'elle devra
apporter dans un environnement mondial nouveau.
En effet,
la mission de l'Organisation reste au cœur même
des besoins fondamentaux à satisfaire dans le monde
pour en garantir la survie, notamment la nécessité
de partager le savoi_ ainsi que pour conserver la diversité,
garantir la dignité, la tolérance, le pluralisme
et les principes démocratiques, surtout dans le
contexte de la mondialisation. La création de l'UNESCO,
elle-même. l'aboutissement d'un formidable acte
de foi, repose sur la défense de la paix dans l'esprit
des hommes, la disparition des fléaux de la guerre,
de la haine, des inégalités et de l'injustice
et la fin de toute oppression, quelle soit exercée
par l'homme sur l'homme, ou par une nation sur une autre.
Le village
mondial ne devra pas uniquement son existence aux progrès
scientifiques, technologiques et économiques. Il
ne survivra que si ses processus de développement
intègrent l'éducatif au culturel, le social
au spirituel, le religieux et l'éthique au traditionnel.
Tels doivent être les véritables indices
de la nature intellectuelle du monde nouveau en gestation,
si l'on veut qu'il soit pacifique et harmonieux.
Les préjugés contre les autres cultures
et civilisations constituent l'un des principaux obstacles
àune véritable mondialisation. Le dialogue
commence dans son propre pays. L'exercice de la démocratie
et un esprit de bonne gouvernance permettent de dialoguer,
débattre, délibérer ensemble afin
de rechercher des solutions pacifiques au lieu de lâcher
la bride à l'amertume, à la confrontation
et à la violence.
Le Nigeria,
pour sa part, compte sur l'UNESCO pour servir aux nations
du monde de tribune permanente où réaffirmer.
leur attachement à des modes de comportement pacifiques,
à un redoublement des efforts de tolérance
et pour traduire dans la pratique le dialogue, si vivement
souhaité - et si nécessaire - entre les
cultures, les civilisations et les religions. Lors de
la récente Conférence mondiale contre le
racisme, la discrimination raciale, la xénophobie
et l'intolérance qui y lui est associée,
organisée à Durban, j'ai souligné
la nécessitéabsolue pour nous tous de prendre
l'engagement de nous opposer à toutes les formes
de discrimination, où qu'elles puissent surgir.
Malheureusement,
la discorde et les différends politiques ont pris
le pas sur cet événement prometteur. Nous
semblons avoir perdu une occasion de relever les véritables
défis consistant à faire face aux préjugés,
aux a priori et à la discrimination qui ont, de
tout temps, fait de l'homme un loup pour l'homme.
Ce sont
là les objectifs mêmes inscrits dans l'Acte
constitutif de l'UNESCO par les clairvoyants fondateurs
de l'Organisation. Nous leur devons plus que de la gratitude
pour la vision, les idées et l'ambition qu'ils
ont manifestées pour le bien de l'humanité.
Il nous incombe désormais de relever le défi
et de traduire leur ambition en réalité,
55 ans après la fondation de l'Organisation, et
ce faisant, de veiller à ce que le rôle de
l'UNESCO sur la scène mondiale soit non seulement
dynamique et constructif mais également durable
et respectable.
Faute d'universalité,
la voix de l'UNESCO sera affaiblie et l'Organisation gênée
dans l'accomplissement de son rôle. Compte tenu
de l'importance de ses objectifs - ne perdons pas de vue
que l'un des corédacteurs de son Acte constitutif
était un éminent américain, Archibald
MacLeish - nous ne pouvons avoir l'âme en paix tant
que la composition de l'UNESCO n'a pas retrouvé
son caractère universel. Je félicite le
Congrès des Etats-Unis d'avoir commencé
à prendre des mesures pour y revenir. Nous espérons
assister dans les prochaines semaines à la fructueuse
conclusion de ces démarches qui arrivent à
point nommé. J'espère que Singapour demandera
de même à reprendre sa place légitime
dans cet organisme mondial.
Il est
impératif que l'UNESCO dispose des ressources nécessaires,
surtout en ce moment crucial. Le Nigeria observe avec
inquiétude les conséquences pour l'Organisation
du budget à croissance nominale zéro, et
ce pour la troisième fois consécutive. Il
faut veiller à ce qu'une telle politique ne soit
pas synonyme d'une réduction progressive de la
valeur réelle du budget, ce qui réduirait
considérablement les capacités essentielles
de l'Organisation. Je lance donc un appel aux autres Etats
membres, surtout aux pays industrialisés, pour
qu'ils contribuent à modifier cette politique budgétaire
qui va à l'encontre des buts recherchés.
Nous observons avec satisfaction que le Directeur général
a mis en place des mesures de réforme visant à
permettre à l'Organisation de mieux servir les
besoins et les aspirations de ses Etats membres. Je le
félicite du dynamisme avec lequel il dirige l'Organisation
et pour son courage, ainsi que d'avoir apporté
la preuve de sa volonté de travailler assidûment
avec les Etats membres à tous les stades et sur
tous les sujets.
Madame
la Présidente, le 14 novembre 1960, moins de deux
mois après avoir obtenu sa souveraineté
nationale, le Nigeria est devenu le 58ème Etat
membre de l'UNESCO. Même à l'époque
où nous n'étions qu'une jeune nation, nous
avons considéré comme un partenaire réceptif
cette institution des Nations Unies, créée
dans le but d'atteindre graduellement la paix internationale
et la prospérité commune de l'humanité
grâce aux relations entre les peuples du monde dans
les domaines de l'éducation, des sciences et de
la culture. Les Nigérians sont particulièrement
reconnaissants à l'UNESCO du soutien qu'elle leur
a apporté récemment pendant la tragique
période où le pays était mal dirigé
et mal gouverné. Le fait que l'UNESCO ait constamment
plaidé en faveur du respect des droits de l'homme,
de la dignité humaine et de l'état de droit
a été une source d'encouragement pour de
nombreux Nigérians.
Le Nigeria
est heureux du renouveau et de l'intensification de sa
coopération avec l'Organisation. Il apprécie
en particulier profondément la décision
prise à l'unanimité par la Conférence
générale à sa 30ème session
(novembre 1999), d'approuver la résolution relative
à la coopération avec. lui, qui priait le
Directeur général de prendre toutes les
mesures appropriées pour accroître leur coopération,
dans le cadre de la mise en oeuvre du programme et en
mobilisant des ressources extrabudgétaires. Je
remercie égaIement, avec une profonde gratitude,
le Gouvernement du Japon pour le soutien financier qu'il
a apporté en vue de la mise en œuvre de ce
programme. L'évolution de notre coopération
nous encourage vivement et nous espérons la renforcer
utilement dans le cadre des besoins nationaux et de la
contribution du Nigeria à la coopération
internationale, surtout dans les domaines de l'éducation
de base, de l'analyse du Secteur de l'éducation,
de l'enseignement technique et professionnel, de la politique
scientifique et de la création d'une bibliothèque
virtuelle destinée aux établissements d'enseignement
supérieur.
La pauvreté
et !'ignorance sont les manifestations les plus constantes
du sous-développement. Si nous voulons réussir,
au même titre que toute autre nation en développement,
nous devons laisser la pauvreté derrière
nous. A cet égard, le fait que !'UNESCO ait choisi
l'élimination de la pauvreté, en particulier
l'extrême pauvreté, comme !'un des deux thèmes
transversaux autour desquels s'articulera son action au
cours des six prochaines années est pour nous source
de réconfort. Il va sans dire que l'UNESCO ne ménagera
pas ses efforts pour contribuer à réaliser
l'objectif du Sommet du millénaire, à savoir
réduire de moitié la pauvreté d'ici
2015. Pour notre part, nous sommes en train de mettre
en place, dans le cadre d'un programme d'élimination
de la pauvreté, des mécanismes destinés
à permettre aux Nigérians d'améliorer
leur qualité de vie. C'est un domaine auquel je
suis personnellement attaché et j'ai puisé
une partie de mon inspiration dans l'expérience
acquise il y a six ans, en ma qualité de membre
de la Commission indépendante sur la population
et la qualité de la vie.
On ne peut
envisager d'éliminer la pauvreté sans aborder
le fléau que représente l'analphabétisme,
ni trouver une méthode permettant de relever systématiquement
le niveau d'instruction de la population dans son ensemble.
Dans les lieux de dialogue internationaux, l'UNESCO a
un rôle important à jouer: elle doit insister
sur l'importance cruciale de l'éducation et de
la culture et souligner aussi la nécessité
impérative d'intégrer la dimension scientifique
et la communication aux politiques successives de réduction
de la pauvreté. La pauvreté ne se traduit
pas uniquement en des termes monétaires, elle se
caractérise par une grande complexité et
diversité.
Avec le
soutien de l'UNESCO, nous sommes actuellement engagés
dans un exercice comprenant à la fois une revitalisation,
une réorganisation, une amélioration et
une actualisation de notre système éducatif
sous tous ses aspects et à tous les niveaux - primaire,
secondaire, supérieur, professionnel et spécialisé.
Nous avons la ferme conviction que tous nos concitoyens
ont droit à l'éducation. Ce droit théorique
doit se concrétiser dans la pratique. Telle était
notre conception lorsque nous avons lancé il y
a deux ans, le programme d'éducation universelle
de base.
Nous avons
apporté la même attention au contenu et à
sa qualité. Etant donné la diversité
ethnique de notre pays, nous étions bien conscients
de la nécessité d'utiliser l'éducation
comme un facteur d'unification et un élément
de cohésion dans !'édification de la nation.
L'éducation universelle de base a donc été
conçue comme un élément clé
de !'Education pour tous, vis-à-vis de laquelle
nous assumons une responsabilité particulière
en tant que pays du groupe de l'E-9, et pour laquelle
nous avons recherché la coopération de l'UNESCO.
Madame la
Présidente, dans la déclaration commémorant
le premier anniversaire du Forum mondial sur l' éducation
(Dakar juin 2001), le Directeur général
de l'UNESCO et les responsables du PNUD, de l'UNICEF,
du FNUAP, et de la Banque mondiale ont fait observer avec
raison que !'éducation représentait un défi
majeur en Afrique. Ils ont aussi constaté que près
de la moitié des pays Africains avaient peu de
chance d'atteindre l'objectif du taux de scolarisation
primaire universelle à horizon 2015. En outre,
il est fort possible qu'à mi parcours de la prochaine
décennie, plus de 30 % des enfants ne fréquentent
toujours pas l'école primaire ou n'apprennent toujours
pas à lire et à écrire.
Cette idée
est politiquement et moralement inacceptable.1I nous appartient
d'éviter une telle situation. La seule solution
consiste à nous mobiliser pour agir avec efficacité
et détermination. Un effort particulier et concerté
s'impose puisque les nations africaines sont aux prises
avec d'innombrables difficultés socio-économiques
qui contrarient leurs aspirations à fournir une
éducation adaptée à leurs populations
respectives. Aux obligations qui sont les nôtres
aux termes de l'Education pour tous s'ajoute l'impérieuse
nécessité d'une éducation préventive
pour lutter contre le sida. En mai dernier, le Nigeria
a accueilli le sommet d'Abuja, chargé d'élaborer
un programme d'action pour l'Afrique. Nous appelons la
communauté internationale à doter généreusement
le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, créé
dans le cadre du Sommet pour freiner la progression de
ce fléau.
Les
pays en développement se sentent abandonnés
par suite de la réduction sensible de l'aide publique
au développement. Nous exhortons tous nos partenaires,
et en particulier les pays de l'OCDE ainsi que les institutions
financières internationales, à s'associer
à notre effort pour trouver les ressources nécessaires.
Fixons-nous l'objectif modéré de 0,5 % du
PIB pour les cinq années à venir. A cet
égard, il convient aussi d'aborder le problème
de la dette. Permettez-moi, une fois encore, de plaider
en faveur de l'allègement de la dette des pays
africains, laquelle entrave le développement national,
porte atteinte à l'éducation et aux autres
services sociaux. Il est vrai qu'un mouvement s'est récemment
amorcé en ce sens, notamment par l'intermédiaire
du programme destiné aux pays pauvres très
endettés (PPTE). Mais cela ne suffit pas. Ce qu'il
faut, c'est supprimer totalement la charge de la dette
afin de donner une chance de survie aux pays qui s'évertuent
simultanément à joindre les deux bouts et
à rembourser leur dette. Nous devons aussi concevoir
des approches novatrices susceptibles d'imprimer un nouvel
élan et de sous tendre nos systèmes éducatifs,
comme par exemple des échanges entre dette et éducation.
Dans le
domaine culturel, le Nigeria procède actuellement
à une réévaluation de son patrimoine,
tout en veillant à ce que ses projets et programmes
de développement soient fermement ancrés
dans la culture nationale. Nos gouvernants encouragent
la recherche scientifique et fondamentale et nous sommes
résolus à édifier une société
dotée d'un bagage scientifique, où les citoyens
seraient davantage à même de contribuer au
progrès scientifique et d'en tirer parti. D'où
notre vif intérêt pour le deuxième
thème transversal choisi comme.future priorité
à moyen terme de l'Organisation, à savoir
la contribution des technologies de l'information et de
la communication au développement de l'éducation,
de la science et de la culture et à la construction
d'une société du savoir.
Les sommets
du G-8 qui se sont tenus à Okinawa et Gènes
ont suscité de grands espoirs en la matière
et donné lieu à de multiples activités
internationales, en particulier la constitution du Groupe
d'experts sur l'accès aux nouvelles technologies.
Or, ces projets risquent de ne pas démarrer. Permettez-moi
de lancer un avertissement: si nous ne prenons pas de
mesures efficaces pour arrêter de creuser le fossé
qui sépare aujourd'hui le monde industrialisé
des pays les moins nantis, nous courons à la catastrophe
! les inégalités sont appelées à
s'accentuer et à toucher une partie non négligeable
de la population mondiale, reléguée dans
un ghetto d'un nouveau type, associant marginalisation
et sous-développement. Nous ne saurions en mesurer
les conséquences.
L'UNESCO
se doit impérativement de garantir l'accès
universel aux technologies de l'information et de la communication.
Or, elle ne peut accomplir cette mission seule. Elle doit
oeuvrer comme elle le fait, avec des partenaires compétents,
y compris ceux du secteur privé. la réduction
de la fracture numérique est, elle aussi, inextricablement
liée à l'éducation. Pour réaliser
les objectifs de l'Education pour tous, il faut recourir
massivement aux technologies de l'information et de la
communication qui permettent d'abaisser les coûts
et d'accroître !'efficacité des systèmes
éducatifs. Elles peuvent aussi contribuer à
alléger le processus éducatif. L'apprentissage
assisté va personnaliser l'instruction à
un niveau qualitatif rarement atteint par les enseignants.
Enfin, ces technologies doivent être déployées
au service d'adultes analphabètes et d'enfants
qui sont et resteront hors de portée des systèmes
éducatifs traditionnels. Comme bon nombre de pays
n'ont aucune expérience dans ce domaine, nous comptons
sur l'UNESCO pour qu'elle prenne la tête du mouvement,
fasse preuve d'inventivité, centralise les informations
et se pose en laboratoire dans ce domaine de pointe. Nous
notons avec satisfaction que l'UNESCO entre dans le nouveau
millénaire avec une nouvelle Stratégie à
moyen terme et un nouveau programme biennal.
Madame
la Présidente, notre avenir technologique et notre
devenir culturel sont indissolublement liés. Il
en va de même pour nos destinées. Seules
une solidarité et une coopération internationale
authentiques nous permettront d'œuvrer de concert
au service de tous les peuples et de concrétiser
les espoirs qui ont inspiré les fondateurs de notre
Organisation d'imaginer une organisation qui, grâce
aux relations que noueront les nations du monde dans les
domaines de l'éducation, de la science et de la
culture, pourra progresser dans la voie de la paix internationale
et de la prospérité commune de l'humanité.
Je vous
remercie.